Glossaire
Arrêt maladie : définition et obligations pour l’employeur

L’arrêt maladie est l’une des absences les plus fréquentes en entreprise — et l’une des plus sensibles pour un manager de site, un responsable RH ou un gérant qui doit à la fois respecter le cadre légal, maintenir le service et tenir le planning. Ce glossaire Ordio Insights est rédigé pour vous, employeur ou encadrant d’équipes terrain en France métropolitaine : définition, formalités employeur (volet 3, attestation de salaire, DSN), indemnisation en bref et impact sur le planning.
Il s’agit d’une synthèse informative, pas d’un conseil juridique. Pour un cas particulier (accident du travail, maladie professionnelle, licenciement pendant arrêt, etc.), croisez les sources officielles — Ameli entreprise, la fiche économie.gouv.fr (droits et obligations employeur), Service Public — et votre convention collective. Les montants et délais évoluent : validez toujours avec votre gestionnaire de paie.
Qu’est-ce qu’un arrêt maladie ?
En bref : Un arrêt maladie est l’arrêt de travail prescrit pour incapacité : le contrat est suspendu, le salarié ne travaille plus, et la paie habituelle cesse — remplacée sous conditions par des IJSS et, à partir du 8e jour en général, un éventuel maintien de salaire employeur.
Du point de vue de l’entreprise, l’arrêt maladie déclenche une chaîne courte : information, réception du volet employeur, attestation de salaire ou signalement en paie, mise à jour du planning, puis suivi jusqu’à la reprise. Dans la restauration, le commerce ou les soins, une absence annoncée à 7 h du matin change la journée entière : ce lexique relie donc le vocabulaire juridique à ce que vous vivez sur le terrain.
Ne confondez pas l’arrêt maladie avec un simple message d’absence (congé, RTT, déplacement) : seul un avis d’arrêt de travail prescrit pour incapacité suspend le contrat. Un mail « je ne viens pas » sans justificatif médical relève d’une autre procédure. Pour les autres motifs, un modèle de note d’absence peut servir — il ne remplace jamais le volet 3 remis à l’employeur.
Arrêt maladie et arrêt de travail : les mots à utiliser
En pratique, « arrêt maladie » et « arrêt de travail pour maladie » désignent la même situation pour une maladie non professionnelle. L’administration et les assureurs distinguent aussi :
- Maladie non professionnelle — arrêt classique prescrit par le médecin traitant ;
- Accident du travail ou maladie professionnelle — régimes et indemnités spécifiques ;
- Accident de trajet — traité comme accident du travail ;
- Maternité, congés paternité, adoption — autre filière d’arrêt (pas de volet maladie ; attestation de salaire événement familial).
Pour vous, l’enjeu immédiat est souvent le même : qui couvre le poste, quel document a été reçu, quelle échéance paie approche. Si le motif n’est pas une maladie classique, orientez-vous vers les fiches dédiées (AT/MP, maternité) plutôt que d’appliquer les règles générales de cet article.
| Terme | Usage courant | Côté employeur |
|---|---|---|
| Arrêt maladie | Langage quotidien (salarié, manager) | Absence pour maladie non professionnelle + volet employeur |
| Arrêt de travail | Formulaire / CPAM / DSN | Motif administratif (maladie, AT, maternité…) |
| Certificat médical | Parfois confondu avec l’avis | Justifie l’incapacité ; l’avis d’arrêt structure les dates et volets |
| Attestation de salaire | « Papier paie » pour la CPAM | Votre déclaration des salaires de référence pour les IJSS |
Obligations de l’employeur au début de l’arrêt
En bref : Dès que vous avez connaissance de l’absence, vous devez organiser la réception du volet 3 de l’avis d’arrêt de travail, établir l’attestation de salaire (ou le signalement équivalent en DSN) et mettre à jour vos outils internes. Le salarié doit en principe vous transmettre le volet employeur dans les 48 heures suivant la prescription médicale, sauf circonstances exceptionnelles.
Le médecin délivre un avis d’arrêt de travail (papier sécurisé ou télétransmission). Les volets 1 et 2 alimentent la CPAM ; le volet 3 est le vôtre. Sans lui, l’attestation de salaire reste incomplète et les IJSS du salarié peuvent être retardées.
| Étape | Acteur | Délai indicatif | Objectif |
|---|---|---|---|
| Prévenir l’employeur | Salarié | Dès que possible | Organiser le service et le planning |
| Transmettre le volet 3 | Salarié | 48 h après prescription | Justifier l’arrêt côté entreprise |
| Attestation de salaire / DSN | Employeur | Rapidement ; 5 jours si DSN après connaissance | Permettre le calcul des IJSS |
| Mise à jour planning & paie | Manager / RH | Même jour si possible | Éviter les heures fantômes ou les trous de couverture |
Volet 3 et attestation employeur
L’attestation employeur (souvent appelée attestation de salaire) déclare à l’Assurance maladie les salaires de référence du salarié pour calculer les IJSS. Elle s’appuie sur le volet 3 que le salarié vous remet : vérifiez identité, employeur, dates de début et de fin prévisionnelle avant toute saisie.
Enregistrez la date et l’heure de réception (accusé de réception). Pour la déclaration d’arrêt maladie employeur en DSN, vous disposez en principe de cinq jours après la prise de connaissance de l’arrêt, via votre logiciel certifié ou net-entreprises.fr. Un retard administratif n’invalide pas l’arrêt médical, mais il pénalise l’indemnisation — et le climat social. Volet illisible ou employeur erroné : faites corriger avec le salarié et le prescripteur avant envoi, plutôt que de subir un rejet CPAM.
Formulaire papier et télétransmission
Depuis les évolutions récentes, l’avis d’arrêt de travail papier sécurisé est la référence lorsque le médecin ne télétransmet pas directement à l’Assurance maladie. Les anciens formats non conformes peuvent être refusés. En cas de doute sur la version du Cerfa, consultez les consignes Ameli entreprise ou la fiche economie.gouv.fr.
Conservez une trace interne (date de réception, scan, référence paie). Dans une PME multi-sites, centralisez la réception : un manager qui garde le volet dans sa poche jusqu’au lendemain crée souvent plus de problèmes paie qu’un retard de quelques heures sur le service.
Avant envoi : contrôles paie sur l’attestation de salaire
L’attestation de salaire (ou équivalent DSN) repose sur des données cohérentes avec le contrat et les bulletins récents. Avant envoi, vérifiez au minimum :
- identité du salarié et numéro de sécurité sociale ;
- dates de début et de fin prévisionnelle de l’arrêt ;
- motif « maladie » (ou code attendu par votre logiciel) ;
- salaires de référence sur la période exigée par l’Assurance maladie ;
- correspondance avec le volet 3 reçu (même employeur, mêmes dates).
En cas d’écart entre le message du salarié (« je reprends lundi ») et le certificat encore ouvert, ne déclarez pas la reprise tant que la paie n’a pas confirmé la date réelle — cela évite les régularisations CPAM.
Convention collective et accords d’entreprise
Le socle légal du maintien de salaire en arrêt maladie est souvent complété ou remplacé par votre branche : hôtellerie-restauration, santé privée, commerce de détail, propreté, etc. Si un salarié demande s’il sera payé « à 100 % », la réponse dépend de l’accord applicable — pas d’une règle unique.
Points à valider avec la paie ou l’expert-comptable :
- Accord applicable — IDCC, accord d’entreprise, annexes et derniers avenants en vigueur.
- Ancienneté requise — souvent un an en droit commun ; la CCN peut abaisser ou relever le seuil.
- Carence employeur — sept jours en socle légal ; certaines branches maintiennent dès le premier jour ou après trois jours.
- Taux et paliers — 90 % / 66,66 %, 100 % sur une durée limitée, ou barème selon l’ancienneté dans l’entreprise.
- Subrogation — clause obligatoire ou facultative ; qui avance les IJSS et comment elles sont récupérées.
- Contre-visite — conditions pour déclencher une visite médicale employeur sans empiéter sur la vie privée.
- Prévoyance / mutuelle — compléments éventuels au-delà du maintien légal ou conventionnel.
Documentez une fiche synthèse RH d’une page : numéros d’articles, contacts paie et expert-comptable, et une phrase type pour les managers (« ne promettez pas un montant net ; orientez vers RH »). Les encadrants terrain n’ont pas besoin du Code du travail intégral — ils ont besoin de savoir qui appeler quand un volet arrive un vendredi soir. En l’absence d’accord plus favorable, évitez les promesses orales qui ne seront pas reflétées sur le bulletin.
IJSS, délai de carence et maintien de salaire
Pendant un arrêt pour maladie non professionnelle, le salarié peut percevoir des indemnités journalières (IJSS) versées par l’Assurance maladie, en principe à hauteur de 50 % du salaire journalier de base (avec plafonds et conditions d’affiliation). Un délai de carence de trois jours s’applique en général : les IJSS démarrent souvent au 4e jour d’arrêt, sauf cas particuliers (reprise entre deux arrêts rapprochés, ALD, etc.).
À côté des IJSS, le Code du travail prévoit, sous conditions, un maintien de salaire (indemnités complémentaires) par l’employeur. Pour relier indemnisation et bulletin, le lexique salaire brut et net rappelle ce qui entre dans le brut de référence — sans remplacer la simulation paie.
Maintien de salaire à partir du 8e jour
En droit commun, l’employeur n’a en principe pas à compléter le salaire pendant les sept premiers jours d’arrêt (carence employeur), pendant que les IJSS peuvent déjà courir à partir du 4e jour (hors carence Assurance maladie). À partir du 8e jour, si le salarié remplit les conditions — notamment un an d’ancienneté, certificat transmis dans les délais, soins en France ou EEE — vous pouvez devoir verser des indemnités complémentaires pour rapprocher le revenu du salaire habituel.
Les taux usuels du maintien légal sont 90 % du brut pendant une première tranche, puis 66,66 %, sur une durée totale qui augmente avec l’ancienneté (voir tableau ci-dessous). Le calcul se fait en pratique sur le bulletin : IJSS brutes, plafonds, cotisations et éventuelle subrogation. Ne communiquez pas un « net garanti » au téléphone : faites simuler la paie sur la période concernée, surtout pour les temps partiels et les primes variables.
| Période (ordre de grandeur) | IJSS (Assurance maladie) | Employeur (maintien légal) | Message terrain |
|---|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | En principe non (carence AM) | En principe pas de complément légal | Ne promettez pas un « plein salaire » sans CCN |
| Jours 4 à 7 | Oui, ~50 % du salaire journalier (plafonné) | Carence employeur (7 jours) | Le net baisse souvent ; expliquez IJSS, pas un chiffre au hasard |
| À partir du 8e jour | IJSS maintenues | Complément possible (90 % / 66,66 % selon paliers) | Vérifiez convention + subrogation |
| Ancienneté (indicatif légal) | Durée totale de maintien | Répartition |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 60 jours | 30 j à 90 % + 30 j à 66,66 % |
| 6 à 10 ans | 80 jours | 40 j + 40 j |
| 11 à 15 ans | 100 jours | 50 j + 50 j |
| 16 à 20 ans | 120 jours | 60 j + 60 j |
| 21 à 25 ans | 140 jours | 70 j + 70 j |
| 26 à 30 ans | 160 jours | 80 j + 80 j |
| 31 ans et plus | 180 jours | 90 j + 90 j |
Une convention collective ou un accord d’entreprise peut être plus favorable que le tableau ci-dessus ; certains statuts (intérimaires, saisonniers, etc.) échappent au maintien légal. Votre paie reste la source de vérité.
Pour le détail des calculs IJSS côté salarié (plafonds, enfants à charge, arrêt long), la fiche Service Public — indemnités journalières complète ce lexique. Côté entreprise, concentrez-vous sur une attestation de salaire exacte et sur une communication prudente sur le net.
Contrôles, sorties autorisées et discipline
Pendant un arrêt, le salarié doit respecter les horaires de présence au domicile indiqués sur le certificat (souvent 9h–11h et 14h–16h lorsque les sorties ne sont pas libres). L’Assurance maladie peut effectuer des contrôles à domicile ; une absence injustifiée peut entraîner une réduction des IJSS. Côté employeur, si vous versez un complément de salaire, vous pouvez, sous conditions, faire réaliser une contre-visite médicale pour vérifier que l’arrêt est cohérent avec l’état de santé — sans demander le diagnostic.
- Vous pouvez exiger le volet 3, contrôler les dates, les sorties autorisées et la cohérence avec le planning déclaré ; déclencher une contre-visite si le texte applicable le permet.
- Vous ne pouvez pas exiger le diagnostic, fouiller dans les détails médicaux ou sanctionner sur la base de rumeurs ; la vie privée prime sur la curiosité du manager.
- Signaux d’alerte — activité professionnelle visible pendant l’arrêt, incohérence répétée entre certificat et présence sur site : documentez factuellement avant toute convocation disciplinaire.
En cas d’activité professionnelle non autorisée pendant l’arrêt, ou de fraude documentée, les sanctions peuvent aller jusqu’à l’arrêt des indemnités et, dans les cas graves, à une procédure disciplinaire. Avant toute sanction, documentez les faits et consultez un professionnel du droit social : ce lexique ne remplace pas une analyse au cas par cas.
Arrêt maladie, congés payés et autres absences
Un arrêt maladie qui chevauche des congés payés peut entraîner un report des congés selon les règles en vigueur : en principe, les jours de congé non encore pris peuvent être décalés ; un congé déjà commencé peut être interrompu et reporté si l’arrêt survient pendant la période de congé (sous conditions posées par le Code du travail). Pour vous, l’impact est surtout planning et paie : une personne « en vacances » sur le tableau peut en réalité basculer en arrêt — mettez à jour les statuts dès réception du certificat et évitez de compter ces jours comme congés consommés tant que la paie n’a pas validé le traitement.
Pour le cadre complet des congés payés (acquisition, indemnité, ordre des départs), voir le glossaire congés payés. Retenez la règle terrain : un arrêt maladie justifié prime sur l’affichage congé, et le salarié n’a pas à « choisir » entre les deux sur un message vocal. Pour le détail juridique, la fiche Service Public — congés et arrêt maladie reste la référence.
Ne mélangez pas sur le même créneau un arrêt maladie et un congé sans solde ou un RTT : chaque motif a sa propre procédure paie. Un tableau interne simple (type d’absence × document reçu × date paie transmise) évite les erreurs en fin de mois.
Subrogation et confidentialité
Beaucoup d’employeurs pratiquent la subrogation : vous versez au salarié le maintien de salaire (et parfois les IJSS en avance), puis vous récupérez les IJSS auprès de l’Assurance maladie. Cela demande une clause contractuelle ou un usage clair et un suivi paie rigoureux — sans quoi vous payez deux fois ou vous créez des régularisations douloureuses en fin d’année.
- Vérifier le texte — contrat, accord d’entreprise ou convention : la subrogation est-elle prévue et sur quels flux (IJSS seules ou IJSS + complément) ?
- Paramétrer la paie — codes d’absence, imputation des IJSS récupérées, dates de versement au salarié.
- Coordonner avec la CPAM — l’attestation de salaire exacte conditionne le montant récupérable.
- Tracer les écarts — si les IJSS reçues diffèrent de la simulation, régularisez sur le bulletin suivant plutôt que d’empiler les erreurs.
Sur le plan humain, le motif médical précis reste confidentiel : vous ne pouvez pas exiger que le salarié vous détaille sa pathologie. En contrepartie, la régularité administrative de l’arrêt (document, dates, respect des obligations liées au certificat) relève de votre suivi RH, dans le respect du droit du travail et des textes locaux (par exemple en Alsace-Moselle).
Prolongation, reprise et visites médicales
Si l’état de santé le nécessite, le médecin prolonge l’arrêt : le salarié vous transmet le nouveau volet employeur. Tant que la prolongation reste sur le même motif et que la durée totale n’excède pas six mois, une nouvelle attestation de salaire n’est pas toujours nécessaire en DSN — au-delà, la paie doit mettre à jour la date de fin prévisionnelle ou rééditer l’attestation selon votre mode de déclaration.
- Prolongation reçue : accusé de réception, scan, mise à jour du planning jusqu’à la nouvelle fin prévisionnelle.
- Sous six mois, même motif : souvent simple mise à jour en paie ; confirmez avec votre éditeur DSN.
- Au-delà de six mois ou changement de motif : traiter comme un nouveau dossier attestation / signalement.
- Veille de fin d’arrêt : rappel RH au manager — reprise confirmée ou nouveau certificat ?
- Reprise effective : DSN événementielle si la date réelle diffère du certificat ; convocation médecine du travail si obligatoire.
À la reprise, signalez le retour dans la DSN (mensuelle ou événementielle selon le cas), dans le délai réglementaire après le retour effectif. Certaines situations imposent une visite de reprise avec le médecin du travail (arrêt long pour maladie non professionnelle, AT/MP, maternité, etc.) : elle doit intervenir au plus tard dans les huit jours après la reprise effective — anticipez la convocation pour éviter un décalage entre reprise opérationnelle et avis médical.
Les sujets « combien de prolongations », « durée maximale » ou « arrêt maladie en CDD » méritent des articles dédiés : ici, retenez seulement qu’il faut traiter chaque prolongation comme un nouvel événement planning, même si la paie est allégée.
Cas fréquents en PME (restauration, commerce, santé)
Les situations qui reviennent le plus souvent sur le terrain :
- Arrêt annoncé au dernier moment avant un service du midi — priorité : couverture minimale légale et sécurité, pas « trouver n’importe qui ».
- Salarié à temps partiel — l’IJSS et le maintien se calculent sur le salaire de référence du temps partiel ; le planning doit refléter les jours habituellement travaillés.
- Multi-employeurs (extras, doubles contrats) — chaque employeur reçoit son volet ; l’attestation doit correspondre au bon contrat.
- Arrêt pendant période d’essai — le contrat peut être suspendu comme ailleurs, mais les conditions de maintien légal et le climat relationnel demandent une communication claire.
- Reprise anticipée — déclarez la reprise en DSN événementielle si la date réelle précède la fin prévue sur le certificat.
Dans un restaurant de 25 couverts, perdre un serveur expérimenté un samedi soir équivaut souvent à 4 à 6 heures supplémentaires réparties sur trois personnes — d’où l’intérêt d’un registre d’absences partagé et d’une liste de remplaçants habilités (compétences + repos).
Impact sur le planning et l’organisation des équipes
En horaires décalés, l’arrêt maladie se joue en heures, pas en jours calendaires abstraits. Une personne en cuisine, en vente ou en domicile partagé manque souvent à un créneau critique. Bonnes pratiques côté manager :
- Confirmer la plage d’absence (date de début, fin prévisionnelle) dès réception du volet.
- Marquer l’absence dans l’outil de planning partagé — pas seulement dans un chat.
- Identifier les remplaçants en respectant le temps de repos et les compétences (pas « le premier nommé »).
- Tracer les heures réellement travaillées pour la paie du mois — le guide calcul des heures de travail aide à garder des bases cohérentes quand les shifts bougent.
- Prévoir un point de reprise (tâches allégées, retour progressif si accord médical).
Un arrêt annoncé la veille d’un week-end chargé coûte souvent plus cher en heures supplémentaires qu’un arrêt milieu de semaine bien anticipé. La différence n’est pas la « sévérité » du manager, mais la visibilité : plus l’absence est visible tôt dans le planning, plus vous gardez la main sur la couverture.
Checklist RH à la réception d’un arrêt maladie
Utilisez cette liste comme fil conducteur — adaptez-la à votre taille d’entreprise et à votre logiciel de paie :
- Accusé de réception au salarié (mail ou outil) avec date/heure de réception du volet 3.
- Vérification des dates : début, fin prévisionnelle, éventuelle mention « sorties autorisées ».
- Saisie paie : attestation de salaire ou signalement DSN — dans le délai légal après connaissance de l’arrêt.
- Planning : marquer l’absence, retirer les shifts concernés, proposer des remplacements.
- Communication équipe : qui couvre quoi, sans divulguer le motif médical.
- Suivi calendrier : rappel à la date de fin prévue pour déclarer la reprise ou traiter une prolongation.
- Archivage : scan du volet + référence de la déclaration paie (durée de conservation selon votre politique et le droit du travail).
En multi-sites, désignez un référent RH qui centralise les volets : les managers terrain confirment l’absence opérationnelle, mais un seul interlocuteur envoie les données à la paie — cela réduit les doublons et les oublis de DSN.
Si vous travaillez encore avec des tableurs, ajoutez une colonne « attestation envoyée OUI/NON » et une « reprise déclarée OUI/NON ». L’objectif n’est pas la bureaucratie : c’est d’éviter qu’un arrêt de trois semaines se termine sans que personne n’ait déclaré la reprise, ce qui bloque parfois les dossiers CPAM.
Déclaration et suivi des absences avec Ordio
Ordio n’est pas un cabinet juridique ni un logiciel de paie certifié DSN. Il aide les équipes terrain à centraliser congés, arrêts maladie et autres absences, à les relier au planning d’équipe et à la gestion des absences : qui est indisponible, sur quelle période, et comment le service est réorganisé.
Quand les salariés déclarent une absence dans l’application et que les managers valident dans les mêmes écrans que le planning, vous réduisez le risque d’« oublis » entre le message WhatsApp et la paie. Les pièces médicales et l’attestation de salaire restent de votre côté RH/paie — Ordio structure la partie opérationnelle que les sites perdent le plus souvent.
Erreurs fréquentes côté employeur
| Erreur | Conséquence | Prévention |
|---|---|---|
| Attestation de salaire tardive ou erronée | Retard ou montant incorrect des IJSS | Checklist à réception du volet 3 ; double contrôle paie |
| Absence visible seulement dans un chat | Trous de couverture, heures mal payées | Statut « arrêt maladie » dans l’outil planning |
| Demander le diagnostic médical | Risque sur la vie privée / climat social | Se limiter aux dates et au document officiel |
| Oublier la reprise en DSN | Incohérences avec la CPAM | Rappel calendrier RH à la date de fin prévue |
| Promettre 100 % du salaire sans vérifier la CCN | Contentieux, attentes irréalistes | Communiquer sur IJSS + maintien légal/conventionnel |
En résumé
Synthèse employeur — à garder sous la main ou à partager en interne (sans le diagnostic médical) :
- Définition : l’arrêt maladie est un arrêt de travail pour incapacité ; le contrat est suspendu jusqu’à la reprise ou la prolongation.
- Volet 3 : à transmettre par le salarié sous 48 h (sauf circonstances exceptionnelles) ; sans lui, pas d’attestation employeur fiable.
- DSN / attestation : déclaration employeur en principe sous 5 jours après connaissance de l’arrêt ; erreur ou retard = IJSS retardées.
- IJSS : en général à partir du 4e jour (carence Assurance maladie de 3 jours), environ 50 % du salaire journalier de base, plafonné.
- Maintien de salaire : complément employeur souvent à partir du 8e jour (carence de 7 jours), sous conditions d’ancienneté et de convention.
- Confidentialité : pas de diagnostic exigé ; contrôle des dates et du document, pas de la pathologie.
- Planning : tracer l’absence dans l’outil partagé, pas seulement dans une messagerie — prolongations et reprises incluses.
Où Ordio vous aide
Quand les arrêts s’enchaînent sur des horaires serrés, une vue unique des indisponibilités évite les doublons entre terrain et RH.
Vous voulez voir comment déclarer et suivre les absences sans multiplier les fils de messages ? .
Avertissement : Ordio Insights ne fournit pas de conseil juridique ou social. Pour toute décision engageante : Code du travail, Assurance maladie, convention collective, expert-comptable ou avocat social.
Questions fréquentes sur Arrêt maladie
Qu'est-ce qu'un arrêt maladie pour l'employeur ?
Un arrêt maladie est un arrêt de travail prescrit pour incapacité : le contrat est suspendu, le salarié ne travaille plus et la paie habituelle cesse. Pour vous, cela déclenche la réception du volet 3, l’attestation employeur, la DSN et la mise à jour du planning — puis le suivi jusqu’à la reprise.
Quelle est la différence entre arrêt maladie et arrêt de travail ?
« Arrêt maladie » désigne en général une maladie non professionnelle. « Arrêt de travail » est le terme administratif (CPAM, DSN) qui couvre aussi AT/MP, maternité, etc. Côté entreprise, vérifiez le motif sur le volet : les délais d’indemnisation et vos obligations paie ne sont pas les mêmes selon le régime.
Dans quel délai le salarié doit-il transmettre l'arrêt maladie à l'employeur ?
Le salarié doit vous remettre le volet 3 de l’avis d’arrêt de travail dans les 48 heures suivant la prescription médicale, sauf circonstances exceptionnelles (hospitalisation, etc.). Sans ce document, vous ne pouvez pas établir une attestation de salaire correcte et les IJSS peuvent être retardées.
Qu'est-ce que l'attestation de salaire (attestation employeur) ?
L’attestation employeur — ou attestation de salaire — indique à l’Assurance maladie les salaires de référence pour calculer les IJSS. Vous la transmettez après réception du volet 3, en DSN ou sur Cerfa selon votre organisation. Toute erreur de dates ou de montants retarde l’indemnisation du salarié et génère des régularisations.
Comment déclarer un arrêt maladie en DSN côté employeur ?
Depuis votre logiciel de paie certifié ou net-entreprises.fr, vous signalez l’arrêt et envoyez l’attestation de salaire. En principe, vous disposez de cinq jours après la prise de connaissance de l’arrêt. Suivez la procédure de votre éditeur ou de votre expert-comptable : les codes d’absence et les dates doivent correspondre au volet reçu.
L'employeur doit-il maintenir le salaire pendant un arrêt maladie ?
Sous conditions (souvent un an d’ancienneté, certificat reçu à temps, IJSS versées), le Code du travail peut imposer un maintien de salaire complémentaire, en général à partir du 8e jour (carence employeur de sept jours). La convention collective peut être plus favorable. Vérifiez l’accord applicable et faites simuler le bulletin avant de répondre au salarié.
À partir de quel jour l'Assurance maladie verse les IJSS ?
En maladie non professionnelle, les IJSS démarrent en principe au 4e jour, après un délai de carence de trois jours. Le montant est d’environ 50 % du salaire journalier de base, dans la limite des plafonds. L’ALD, une reprise rapide entre deux arrêts ou d’autres cas particuliers peuvent modifier ce calendrier.
Le salarié est-il payé les trois premiers jours d'arrêt maladie ?
Les IJSS ne couvrent en principe pas les trois premiers jours (carence Assurance maladie), sauf exceptions. Vous n’avez généralement pas d’obligation de complément de salaire avant le 8e jour (carence employeur). Une CCN ou une prévoyance peut prévoir mieux — ne promettez pas un « plein salaire » sans vérification paie.
Le salarié peut-il percevoir 100 % de son salaire en arrêt maladie ?
Le régime légal ne garantit pas 100 % du brut : IJSS (~50 % du salaire journalier plafonné) + maintien employeur souvent à 90 % puis 66,66 % du brut à partir du 8e jour, selon l’ancienneté. Une convention collective, une prévoyance ou un accord d’entreprise peut viser un niveau plus élevé — validez sur bulletin simulé.
L'employeur peut-il connaître le diagnostic du salarié ?
Non. Le diagnostic détaillé est confidentiel : vous ne pouvez pas exiger que le salarié vous explique sa pathologie. Vous pouvez en revanche contrôler la régularité de l’arrêt (volet 3, dates, sorties autorisées) et, si vous versez un complément, déclencher une contre-visite dans le cadre prévu par la loi et votre accord.
Faut-il une nouvelle attestation de salaire en cas de prolongation ?
Si la prolongation garde le même motif et que la durée totale reste ≤ six mois sans interruption, une nouvelle attestation n’est pas toujours nécessaire en DSN. Au-delà, ou hors DSN, mettez à jour la fin prévisionnelle ou rééditez l’attestation selon votre logiciel. Mettez toujours le planning à jour dès réception du nouveau volet.
Les congés payés sont-ils reportés si l'arrêt survient pendant les vacances ?
Oui, dans les cas prévus par le Code du travail : un arrêt peut interrompre ou reporter des congés non pris ou en cours. Côté RH, basculez le statut planning dès le certificat et laissez la paie trancher le traitement des jours. Ne comptez pas des congés consommés tant que la paie n’a pas validé.
Qu'est-ce que la subrogation en arrêt maladie ?
La subrogation vous permet de verser au salarié le maintien (parfois les IJSS en avance), puis de récupérer les IJSS auprès de l’Assurance maladie. Elle exige une base contractuelle ou conventionnelle claire et un paramétrage paie strict — sinon risque de double paiement ou de régularisation en fin d’année.
Un arrêt maladie impacte-t-il le planning d'équipe ?
Oui, surtout en restauration, commerce ou soins. Dès le volet 3, marquez l’absence dans le planning et la gestion des absences, organisez le remplacement (repos, compétences) et tracez les heures pour la paie. Une absence seulement dans un chat crée des trous de service et des erreurs de bulletin.
Un message ou un mail d'absence remplace-t-il un arrêt maladie ?
Non. Sans avis d’arrêt de travail, il n’y a pas de suspension pour incapacité : congé, RTT ou absence injustifiée suivent d’autres règles. Un modèle de note d’absence peut servir pour d’autres motifs — il ne remplace pas le volet médical remis à l’employeur.







