Glossaire
Congés paternité : définition et obligations pour l’employeur

Les congés paternité — juridiquement le congé de paternité et d’accueil de l’enfant — touchent chaque année de nombreux salariés et, par ricochet, les managers qui doivent couvrir les postes sans erreur de paie. Ce glossaire Ordio Insights s’adresse à vous, employeur ou responsable RH en France métropolitaine : définition, durée du congé paternité (25 ou 32 jours calendaires), formalités (dont l’attestation de salaire et le signalement DSN), indemnisation, réforme 2026 du congé supplémentaire de naissance et impact sur le planning.
Il s’agit d’une synthèse informative, pas d’un conseil juridique. Les montants d’indemnités journalières et les décrets évoluent : recoupez Service Public, Ameli entreprise, economie.gouv.fr et votre expert-comptable avant toute décision engageante.
Qu’est-ce que le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ?
En bref : Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est une suspension du contrat après la naissance (ou l’adoption) : le salarié ne travaille pas, le salaire habituel n’est en principe pas maintenu par l’employeur sur cette période, et l’Assurance maladie peut verser des indemnités journalières sous conditions. Vous devez accepter la demande respectant le délai de prévenance et transmettre l’attestation de salaire pour permettre l’indemnisation.
En langage courant, on parle de congés paternité ou de congé paternité. Ce n’est pas un arrêt maladie : il n’y a pas de volet médical d’incapacité, mais un événement familial encadré par le Code du travail. Ce n’est pas non plus le congé parental (longue durée, autre régime d’indemnisation) : ici, on parle des 25 jours calendaires (ou 32) liés à la naissance ou à l’adoption, avec un circuit paie distinct.
Pour vous, l’enjeu est double : respecter les délais légaux (demande du salarié, refus impossible si le mois est respecté) et anticiper l’absence sur des plannings souvent serrés. Dès l’annonce, classez le dossier comme congé paternité dans votre outil RH — pas comme « congé famille » générique — pour éviter les mauvais codes DSN plus tard.
Congé de naissance, paternité et congé supplémentaire : ne pas confondre
Trois régimes distincts s’enchaînent souvent à la naissance. Les mélanger dans votre SIRH ou votre tableau Excel crée des erreurs de bulletin et des tensions inutiles.
| Congé | Durée (ordre de grandeur) | Qui paie en général | Employeur : point clé |
|---|---|---|---|
| Congé de naissance | 3 jours ouvrables (souvent juste après la naissance) | Employeur (salaire maintenu) | À prendre immédiatement ; peut être plus long si CCN |
| Congé de paternité et d’accueil | 25 jours calendaires (32 si naissances multiples) | IJSS (Assurance maladie), pas de maintien légal du salaire | 4 jours obligatoires après naissance + 21 jours fractionnables |
| Congé supplémentaire de naissance (depuis 2026) | Jusqu’à 2 mois par parent | Indemnisation spécifique (70 % / 60 % du net — voir textes) | Demande en LRAR ou récépissé ; délai 9 mois (sauf transition 2026) |
Le congé supplémentaire s’ajoute au congé de paternité classique : ce n’est pas un remplacement des 25 jours. Les simulateurs grand public (type calculateur de dates) ne remplacent pas votre paie — orientez les salariés vers Ameli pour le détail indemnitaire, et gardez votre rôle sur dates + attestation employeur.
Durée et calendrier du congé paternité
Depuis le 1er juillet 2021, la durée du congé de paternité et d’accueil de l’enfant est de 25 jours calendaires pour un enfant, 32 jours en cas de naissances multiples. Elle se décompose ainsi :
- 4 jours calendaires obligatoires, à prendre immédiatement après le congé de naissance de 3 jours ouvrables ;
- 21 jours (ou 28 si multiples) ensuite : en une seule fois ou fractionnés en deux périodes maximum, chaque période d’au moins 5 jours ;
- à prendre en principe dans les 6 mois suivant la naissance (report possible en cas d’hospitalisation de l’enfant ou de décès de la mère).
| Étape | Durée | Calendrier |
|---|---|---|
| Congé de naissance | 3 jours ouvrables | Dès la naissance (ou 1er jour ouvrable suivant) |
| Tranche obligatoire paternité | 4 jours calendaires | Juste après les 3 jours |
| Tranche facultative paternité | 21 j (28 j multiples) | Dans les 6 mois ; fractionnement max 2×, min 5 j/période |
| Période obligatoire (vue calendrier) | 7 jours calendaires au total | 3 j congé de naissance (employeur) + 4 j paternité indemnisés par l’Assurance maladie — voir Ameli entreprise |
À retenir : Comptez en jours calendaires (week-ends et fériés inclus). Enchaînez 3 jours ouvrables de naissance (employeur) puis 4 jours obligatoires de paternité — avec interdiction d’emploi sur ces 4 jours — puis jusqu’à 21 jours (28 si multiples) fractionnables en deux fois (minimum 5 jours par tranche), en principe dans les 6 mois suivant la naissance.
Pour anticiper la durée du congé paternité sur votre planning, un départ en fin de semaine peut absorber plusieurs jours d’un coup : prévoyez la couverture sur le créneau, pas seulement sur les jours ouvrés affichés en paie. Le respect des 4 premiers jours de paternité conditionne en principe l’indemnisation des périodes suivantes — ne proposez pas au salarié de « revenir une demi-journée » sur cette tranche.
| Exemple (naissance un mardi) | Jours | Payeur indicatif |
|---|---|---|
| Congé de naissance (mar.–jeu. ouvrés) | 3 j. ouvrables | Employeur |
| Paternité obligatoire (ven.–lun.) | 4 j. calendaires | IJSS si conditions |
| Paternité facultative (bloc unique) | 21 j. calendaires | IJSS ; planning à verrouiller tôt |
Les dates réelles dépendent du jour de naissance et des choix du salarié : servez-vous de cet exemple comme modèle de discussion RH, pas comme calendrier imposé.
Qui peut en bénéficier ?
Tous les salariés peuvent y prétendre, quel que soit le contrat (CDI, CDD, apprentissage, professionnalisation) ou l’ancienneté — y compris en période d’essai. Le salarié en intérim bénéficie du congé auprès de l’entreprise utilisatrice pour la durée de sa mission ; coordonnez-vous avec l’agence sur les dates et l’attestation si la paie est gérée chez elle.
Sont concernés notamment :
- le père de l’enfant ;
- le conjoint, le concubin ou la personne liée à la mère par un Pacs ou un mariage ;
- le second parent dans une famille homoparentale ou recomposée, dès que le lien avec l’enfant est établi au regard des textes.
Ne confondez pas avec les travailleurs indépendants ou prestataires hors contrat de travail : s’ils ne sont pas sur votre bulletin, ce glossaire ne s’applique pas. Pour un salarié détaché ou multi-établissements, l’employeur qui déclare la paie établit l’attestation — un seul interlocuteur RH évite les doublons.
Côté RH, vérifiez l’éligibilité administrative (lien avec l’enfant, dates) sans porter de jugement sur la situation familiale. Conservez les pièces utiles à la paie selon Ameli entreprise, sans conserver plus de données que nécessaire (RGPD).
Obligations de l’employeur : information et délai d’un mois
En bref : Le salarié doit vous informer le plus tôt possible et au moins un mois avant le début du congé de paternité (date prévisionnelle d’accouchement + dates envisagées). Vous ne pouvez pas refuser si ce délai est respecté. En cas de naissance avant la date prévue, il doit vous prévenir sans délai.
| Étape | Acteur | Action |
|---|---|---|
| Information initiale | Salarié | Date prévue d’accouchement + périodes de congé envisagées (écrit ou oral) |
| Accusé interne | Employeur / RH | Trace (mail, outil RH) + mise à jour planning provisoire |
| Naissance effective | Salarié | Information immédiate si avant la date prévue |
| Début de congé | Employeur | Attestation de salaire ; suspension du contrat |
En pratique, un mois de prévenance est court pour une équipe terrain serrée : dès que le salarié annonce sa grossesse ou son projet de congé, ouvrez un dossier RH (dates cibles, fractionnement éventuel, remplaçants). Cela évite le scénario « je pars dans dix jours » sans couverture.
La demande peut être orale ou écrite : même si un mail suffit juridiquement, demandez une confirmation écrite des dates pour la paie et le planning. En cas de litige, votre trace interne (date de réception, contenu de la demande) pèse autant que le formalisme.
Si le salarié souhaite modifier une période déjà validée, traitez cela comme une nouvelle demande : vérifiez qu’il reste dans les six mois et respecte les règles de fractionnement, puis mettez à jour attestation et planning avant le début de la nouvelle tranche.
Documents et pièces : que demander, que conserver
Vous n’êtes pas la caisse primaire d’assurance maladie : votre rôle est de valider les dates de travail et de transmettre l’attestation de salaire. En pratique, le salarié vous remet souvent une copie de l’acte de naissance ou un justificatif d’adoption pour votre dossier interne ; les pièces exactes attendues par la CPAM pour le salarié sont détaillées sur Ameli entreprise.
- Demande de congé — dates prévues ou effectives, écrit recommandé pour la paie.
- Naissance / adoption — justificatif pour ouvrir le dossier RH (durée de conservation : politique interne + RGPD, pas d’archivage « pour toujours »).
- Attestation de salaire — établie par vous (ou votre prestataire) à chaque période indemnisable.
- Congé supplémentaire 2026 — conservez la copie de la LRAR ou du récépissé distincte du simple mail de congé classique.
Ne demandez pas au salarié de vous expliquer sa situation familiale au-delà de ce qui est nécessaire pour les dates et l’éligibilité administrative.
Attestation de salaire, DSN et paie
Dès le début du congé de paternité et d’accueil de l’enfant, vous devez établir une attestation de salaire pour que l’Assurance maladie vérifie les conditions d’indemnisation. Le flux est le même que pour d’autres événements déclarés en paie (maternité, adoption) : logiciel certifié ou net-entreprises.fr, codes d’absence cohérents, dates alignées sur la demande du salarié.
Points de contrôle avant envoi :
- identité du salarié et employeur ;
- dates exactes de chaque période (important si fractionnement) ;
- motif « paternité / accueil enfant » attendu par votre éditeur ;
- cohérence avec les bulletins des mois de référence.
Si le salarié fractionne son congé en deux, chaque tranche peut nécessiter une nouvelle attestation ou une mise à jour — suivez la procédure de votre gestionnaire de paie. L’Assurance maladie invite à privilégier le signalement DSN arrêt de travail (données issues de la paie) et à transmettre le signalement dans les 5 jours suivant le début du congé, sans anticipation. Renseignez correctement la date de dernier jour travaillé (DJT) : pour la période obligatoire, il s’agit en principe de la veille des 4 jours de paternité indemnisés, après les 3 jours de naissance employeur.
Les retards d’attestation ou de DSN retardent les IJSS et remontent souvent au manager (« on ne m’a pas payé ») alors que la cause est administrative — pas un refus de l’entreprise.
Signalement en DSN : début, fin et fractionnement
Comme pour un arrêt maladie, le congé de paternité doit être tracé en paie avec des dates de début et de fin cohérentes. Votre éditeur propose en général un motif du type « congé paternité / accueil enfant » ou équivalent DSN — ne réutilisez pas un code « maladie » par habitude.
En pratique :
- Début : signalez l’absence dès le premier jour non travaillé (y compris après les 3 jours de naissance payés par l’employeur).
- Fin : clôturez la période à la date de reprise effective, pas à la veille « estimée » si le salarié prolonge d’un jour.
- Fractionnement : deux lignes ou deux périodes distinctes en paie ; mettez à jour le planning pour chaque fenêtre.
- Reprise anticipée ou report : toute modification de dates impose une correction avant le bulletin du mois concerné.
Si vous externalisez la paie, transmettez au prestataire l’acte de naissance (ou la date d’adoption) et le calendrier validé par écrit — pas seulement un message oral du manager.
Indemnisation : qui paie quoi ?
Sur le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, le contrat est suspendu : vous ne maintenez en principe pas le salaire habituel. Le salarié peut percevoir des indemnités journalières de sécurité sociale, calculées sur des règles proches de la maternité (conditions d’affiliation, durée minimale de travail, etc.).
| Période | Payeur | Message terrain |
|---|---|---|
| 3 jours ouvrables de congé de naissance | Employeur (salaire maintenu) | Ne pas les confondre avec les IJSS paternité |
| 4 + 21 jours (congé paternité) | IJSS si conditions remplies | Montant ≠ salaire net habituel ; pas de « 100 % » promis |
| Congé supplémentaire 2026 | Régime dédié (taux net 70 % / 60 %) | Texte séparé ; LRAR pour la demande |
| Complément conventionnel | CCN / accord / prévoyance | Vérifiez l’IDCC avant de répondre au salarié |
Les IJSS sont en principe versées tous les 14 jours, y compris les week-ends et jours fériés, sans délai de carence sur les jours indemnisables. Avec une subrogation prévue par accord, elles peuvent être versées à l’employeur qui avance le net — vérifiez votre convention. Les barèmes (forfait ou pourcentage) évoluent : la fiche Ameli — indemnités paternité et le glossaire salaire brut et net aident à cadrer les discussions, sans remplacer la simulation paie.
Conditions d’indemnisation (vue employeur)
Vous n’êtes pas le payeur des IJSS, mais votre attestation de salaire exacte conditionne le versement. Côté salarié, Ameli entreprise rappelle notamment l’affiliation d’au moins 6 mois, la cessation d’activité sur les jours indemnisés et des seuils d’heures travaillées ou de cotisations sur les mois précédents. Si les droits ne sont pas ouverts au début de la première période, ils ne sont en principe pas rouverts pour la suite du même congé — d’où l’importance de vérifier tôt avec la paie.
Ne promettez jamais un montant net au téléphone : orientez vers la paie ou vers Ameli. Sans attestation ou avec des dates incohérentes, le salarié voit son indemnisation bloquée et vous contacte en premier.
Si votre convention collective prévoit un complément employeur sur la paternité (rare mais possible via accord de branche), documentez-le dans une fiche RH d’une page avec numéros d’articles et contacts paie.
Congés payés, RTT et absences pendant la paternité
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est un droit autonome : il ne se substitue pas aux congés payés et ne « consomme » pas automatiquement le solde CP du salarié. En revanche, un salarié peut, selon vos règles habituelles, poser des jours de CP ou de RTT sur d’autres périodes — à ne pas confondre avec les jours de paternité déclarés en DSN.
- Pendant la paternité : contrat suspendu sur la période déclarée ; pas de cumul « paternité + jour travaillé » sur les mêmes dates.
- Avant / après : le solde CP reste géré comme d’habitude ; pour le cumul légal détaillé, voir le glossaire congés payés et validez avec la paie.
- Naissance pendant des CP déjà posés : le congé de naissance et les 4 jours obligatoires de paternité peuvent être décalés à la fin des CP en cours — mettez à jour planning et dates en paie, ne forcez pas un retour au travail entre les deux.
- Jours fériés tombant pendant le congé : ils comptent dans les jours calendaires de paternité ; le planning doit refléter l’absence continue, pas un retour fictif le jour férié.
Si un manager propose « prendre du CP à la place » pour éviter l’attestation, c’est une fausse bonne idée : vous perdez la trace légale de l’événement naissance et vous exposez l’entreprise sur l’indemnisation du salarié.
Convention collective et accords d’entreprise
Le socle légal fixe les durées et la suspension du contrat ; votre branche peut allonger le congé de naissance (au-delà de 3 jours ouvrables) ou prévoir des garanties de rémunération. Avant de répondre à « est-ce que je serai payé à 100 % ? », identifiez :
- l’IDCC applicable et les avenants en vigueur ;
- les accords d’entreprise ou usages sur les événements familiaux ;
- les garanties prévoyance / mutuelle éventuelles ;
- le traitement paie des 3 jours de naissance (maintien, primes, heures supplémentaires).
Les managers n’ont pas besoin du texte intégral : une phrase type (« les 3 jours de naissance sont payés par l’entreprise ; le reste passe par la Sécu — la RH vous précise le détail ») évite les promesses orales non reflétées sur le bulletin. Certaines branches (hôtellerie-restauration, commerce, santé) prévoient des jours supplémentaires ou un maintien de salaire : notez l’article de convention dans la fiche salarié pour ne pas mélanger socle légal et surcomplément.
Adoption et naissance : mêmes principes employeur
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant s’applique aussi dans le cadre de l’adoption (en France ou à l’étranger selon les cas). Le point de départ n’est pas la date d’accouchement mais l’arrivée de l’enfant au foyer : les 25 jours calendaires (32 si adoption multiple), le fractionnement (deux périodes max, 5 jours minimum chacune) et le délai de six mois s’appliquent ensuite de la même façon.
| Événement | Déclencheur employeur | Pièce type |
|---|---|---|
| Naissance | Naissance de l’enfant | Acte de naissance (copie pour dossier RH) |
| Adoption | Arrivée de l’enfant au foyer | Jugement ou attestation d’adoption (selon procédure) |
Votre chaîne RH reste identique : prévenance d’un mois (sauf naissance ou arrivée plus précoce — information sans délai), attestation de salaire à chaque période, codes d’absence « paternité / accueil enfant », reprise sur un emploi équivalent. Le congé de naissance de 3 jours ouvrables peut aussi s’appliquer autour de l’arrivée — ne le mélangez pas avec les jours indemnisés par l’Assurance maladie.
En adoption, le salarié peut avoir besoin de flexibilité sur les dates (voyage, placement) : validez par écrit les fenêtres retenues avant d’envoyer l’attestation. Si l’arrivée est reportée, mettez le planning en attente plutôt que de figer des absences « au cas où » qui bloquent la paie.
Communication interne et managers
Le congé paternité est un sujet personnel : côté équipe, limitez-vous aux dates d’absence et à l’organisation du service. Le manager n’a pas besoin du détail médical de l’accouchement ; il a besoin de savoir quels shifts sont couverts et qui contacter en cas d’imprévu le jour J.
Préparez un message type pour l’équipe (« Jean sera absent du … au … ; Marie assure le poste le matin ») sans commentaires sur la situation familiale. Si d’autres salariés posent des questions sur l’indemnisation, renvoyez vers RH : les montants d’IJSS ne se devinent pas depuis le terrain.
Pour les sites multi-établissements, centralisez la validation RH : un manager qui accorde oralement un fractionnement non conforme (par exemple trois tranches de trois jours) crée un problème paie que vous corrigerez des semaines plus tard.
Congé supplémentaire de naissance (2026)
À partir du 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance facultatif s’ajoute pour les naissances et adoptions à compter du 1er janvier 2026 (et certains cas de naissances antérieures avec date prévue après cette date). Chaque parent peut prendre jusqu’à deux mois, indemnisés en principe à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, dans un délai de neuf mois après la naissance ou l’adoption.
Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 31 mai 2026, un délai prolongé jusqu’au 31 mars 2027 peut s’appliquer pour prendre ce congé — vérifiez l’actualité Service Public et le décret sur Legifrance.
| Congé paternité « classique » (25 j) | Congé supplémentaire 2026 (jusqu’à 2 mois) | |
|---|---|---|
| Demande à l’employeur | Oral ou écrit ; 1 mois de prévenance | LRAR ou récépissé ; 1 mois (15 j si enchaînement direct) |
| Indemnisation | IJSS (règles paternité) | Régime dédié 70 % / 60 % du net (textes en vigueur) |
| Paie employeur | 3 j naissance payés ; pas de maintien légal sur les 25 j | Pas de maintien légal par défaut — vérifier CCN |
| Dossier RH | Attestation de salaire + planning | Copie LRAR archivée + circuit d’approbation séparé |
Formalités employeur : traitez ce congé comme un second flux : modèle de récépissé interne, validation RH avant absence, paie informée des dates distinctes. Un salarié peut cumuler les 25 jours puis le supplémentaire — votre calendrier doit afficher les deux blocs sans les fusionner en une seule absence « famille ».
Contrat, reprise et protection contre le licenciement
Pendant le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, le contrat est suspendu : pas de travail effectif, pas de salaire légal sur la période (hors compléments conventionnels). Le salarié peut en principe démissionner pendant le congé ; la fin de CDD à échéance peut toujours intervenir si la date était connue avant l’événement — anticipez la discussion avec la paie.
À la reprise, vous devez lui proposer son emploi précédent ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente et le maintien des avantages acquis (primes liées à l’ancienneté, véhicule de fonction selon usage, etc.). Sur le terrain, « équivalent » signifie par exemple le même type de poste (vendeur, cuisinier, agent d’entretien) et non un rétrogradation déguisée sous prétexte d’organisation.
- Licenciement pendant le congé : en principe interdit, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la naissance — chaque situation appelle un avis juridique.
- Reprise effective : clôturez l’absence en paie à la date réelle de retour ; réintégrez les shifts ou tournées validés avant le départ.
- Médecine du travail : une visite de reprise peut être utile après une longue absence, surtout si le poste est pénible — alignez-vous sur votre convention de branche et le médecin du travail.
- Enchaînement avec d’autres congés : un salarié peut enchaîner congé maternité du conjoint (autre entreprise), paternité, puis fractionnement — votre seule vue est sur ses dates déclarées chez vous.
Impact sur le planning et la gestion des absences
Le congé paternité est prévisible — contrairement à un arrêt maladie du matin — mais le fractionnement complique la vue d’équipe. Bonnes pratiques :
- Enregistrer dès l’accord les deux fenêtres possibles si le salarié hésite encore (même approximatives).
- Marquer les 4 jours obligatoires en priorité autour de la naissance.
- Relier l’absence au module absences et au planning, pas à un fil de discussion.
- Tracer les heures des remplaçants pour le guide calcul des heures de travail en fin de mois.
- Prévoir un point de reprise (charge, horaires) sans pression illégitime.
Dans une équipe de huit personnes en commerce, perdre un vendeur formé pendant trois semaines continues puis deux semaines six mois plus tard impose souvent de réécrire les plannings type : notez ces absences dès la validation RH, pas à la dernière minute.
Cas fréquents en PME
- Temps partiel : les IJSS se calculent sur le salaire de référence du temps partiel ; le planning doit refléter les jours habituellement travaillés.
- CDD : le congé est possible, mais la fin de contrat peut intervenir pendant ou après — calendrier à croiser avec la paie.
- Naissance anticipée : ajustez immédiatement les dates en paie et informez la CPAM via les flux habituels.
- Hospitalisation prolongée de l’enfant : report possible au-delà de 6 mois — mettez à jour le dossier RH.
- Hospitalisation immédiate du nouveau-né : congé spécifique (jusqu’à 30 jours en principe après les 4 jours obligatoires) — pièces et dates distinctes ; suivez Ameli entreprise.
- Naissance d’un enfant sans vie (seuil de viabilité) : le congé peut s’ouvrir avec des pièces dédiées — traitement RH sobre et conforme aux textes, sans improvisation de codes absence.
- Deux salariés du même couple dans l’entreprise : deux dossiers distincts, deux attestations ; ne fusionnez pas les absences dans un seul nom.
- Salarié en période d’essai : le congé reste possible ; le climat relationnel et la fin d’essai éventuelle demandent une communication claire avec la paie.
- Équipe de nuit : les jours calendaires incluent les repos ; vérifiez que le planning affiche bien l’absence sur les shifts concernés, pas seulement sur les jours ouvrés du site.
Dans tous les cas, séparez mentalement événement prévu (paternité) et imprévu (arrêt maladie) : les mêmes personnes peuvent enchaîner naissance puis complication de santé — deux motifs, deux flux paie.
Checklist RH à la demande de congé paternité
Utilisez cette liste dès la première notification (grossesse annoncée, date d’adoption prévue ou demande écrite). Cochez chaque étape dans votre outil ou votre modèle de dossier — un oubli sur l’attestation ou la deuxième tranche fractionnée coûte plus cher en temps qu’une relecture de cinq minutes.
- Accusé de réception de la demande (date, périodes envisagées).
- Vérification du délai d’un mois (ou adaptation si naissance anticipée).
- Mise à jour planning — congé naissance + 4 j obligatoires + tranches facultatives.
- Paramétrage paie — codes absence, attestation de salaire à chaque période.
- Information manager — couverture, sans détails médicaux inutiles.
- Suivi calendrier — rappel avant la 2e tranche fractionnée.
- Reprise — DSN / retour planning / équivalence de poste.
- Congé supplémentaire 2026 — si demande LRAR, circuit d’approbation séparé.
Déclaration et suivi des absences avec Ordio
Ordio n’est pas un logiciel de paie certifié ni un cabinet juridique. Il aide les équipes à centraliser congés, paternité et autres absences et à les relier au planning : qui est indisponible, sur quelle période, et comment le service est réorganisé.
- Statut dédié — distinguer congé de naissance, paternité (tranche 1 / tranche 2) et éventuel supplémentaire 2026.
- Validation manager — dates visibles sur le planning avant envoi à la paie.
- Rappels — seconde fenêtre de fractionnement et reprise effective.
- Traçabilité — moins d’écarts entre le terrain et ce que le prestataire paie en DSN.
Quand les managers valident les absences dans le même outil que les shifts, vous limitez les écarts entre « c’est noté dans WhatsApp » et ce que la paie déclare réellement.
Pour anticiper un congé paternité fractionné dans le planning, Ordio.
Erreurs fréquentes côté employeur
La plupart des tensions naissent d’un mauvais libellé (maladie au lieu de paternité) ou d’un décalage planning / paie. Le tableau ci-dessous reprend les cas vus en PME ; affichez-le en salle RH ou dans votre base de connaissances interne.
| Erreur | Conséquence | Prévention |
|---|---|---|
| Refuser un congé respectant le délai d’un mois | Risque contentieux | Processus RH + trace écrite |
| Confondre 3 jours naissance (payés) et paternité (IJSS) | Attentes salariales fausses | Tableau « qui paie quoi » en interne |
| Attestation de salaire tardive ou dates erronées | IJSS retardées | Checklist à chaque début de période |
| Absence visible seulement dans un chat | Trous de service | Statut « congé paternité » dans l’outil |
| Oublier la 2e tranche fractionnée | Conflit planning / paie | Rappel calendrier RH |
| Promettre le maintien intégral du net sans CCN | Contentieux | Orienter vers paie / convention |
| Code DSN « maladie » pour la paternité | IJSS refusées ou retardées | Motif paternité / accueil enfant dans le logiciel |
| Faire poser du CP à la place des jours légaux | Perte de droits Sécu + risque social | Congé paternité déclaré + CP sur d’autres dates |
| Reprise de travail sur les 4 jours obligatoires | Risque social + IJSS suivantes compromises | Interdiction d’emploi ; planning verrouillé |
En résumé
En bref (employeur) : Acceptez une demande conforme (prévenance d’un mois), payez les 3 jours de naissance, déclarez la paternité en paie avec attestation de salaire, mettez à jour le planning pour chaque tranche — et traitez le congé supplémentaire 2026 comme un circuit séparé (LRAR).
Synthèse employeur — à partager en interne (sans données médicales) :
- Définition : le congé de paternité et d’accueil de l’enfant suspend le contrat ; ce n’est pas un arrêt maladie.
- Durée : 25 jours calendaires (32 si multiples) = 3 j naissance employeur + 4 j obligatoires + 21 j fractionnables (max 2×, min 5 j).
- Demande : information au moins un mois avant ; refus impossible si délai respecté.
- Paie : pas de maintien légal du salaire sur la paternité ; attestation de salaire + DSN dans les délais ; 4 jours avec interdiction d’emploi après les 3 j de naissance.
- 2026 : congé supplémentaire de naissance possible (jusqu’à 2 mois, formalités LRAR) — textes à jour sur Service Public / Legifrance.
- Planning : tracer toutes les tranches dès validation ; fractionnement = deux événements opérationnels.
Avertissement : Ordio Insights ne fournit pas de conseil juridique ou social. Pour toute décision engageante : Code du travail, Assurance maladie, convention collective, expert-comptable ou avocat social.
Questions fréquentes sur Congés paternité
Congés paternité : quelles obligations pour l’employeur ?
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant suspend le contrat après une naissance ou une adoption : ce n’est pas un arrêt maladie. Le salaire habituel n’est en principe pas maintenu sur la paternité ; vous payez les 3 jours ouvrables de congé de naissance. Vous devez accepter une demande respectant le délai d’un mois et transmettre l’attestation de salaire (ou le signalement DSN) pour les IJSS.
Combien de jours de congé paternité en 2026 ?
La durée du congé paternité est de 25 jours calendaires (32 si naissances multiples), en plus des 3 jours ouvrables de congé de naissance payés par l’employeur. Comptez souvent 7 jours calendaires d’affilée au départ (3 j naissance + 4 j paternité indemnisés), avec interdiction d’emploi sur ces 4 jours, puis 21 jours (28 si multiples) fractionnables. Le congé supplémentaire de naissance (2026) peut ajouter jusqu’à deux mois par parent — régime séparé.
Quelle est la différence entre congé de naissance et congé paternité ?
Le congé de naissance (3 jours ouvrables) est pris immédiatement à la naissance et est en principe payé par l’employeur. Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant (25 ou 32 jours calendaires) suspend le contrat : l’indemnisation passe en général par les IJSS, pas par un maintien de salaire légal. Ne les fusionnez pas dans le même code absence paie.
L’employeur doit-il maintenir le salaire pendant le congé paternité ?
Sur le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, le contrat est suspendu : vous ne maintenez en principe pas le salaire habituel — le salarié peut toucher des IJSS si les conditions sont remplies. Les 3 jours ouvrables de congé de naissance restent en revanche à votre charge. Une convention collective ou une prévoyance peut prévoir un complément : vérifiez avant de répondre au salarié.
Qui paie les trois jours de congé de naissance ?
Les 3 jours ouvrables de congé de naissance sont en principe payés par l’employeur comme si le salarié avait travaillé. Ils précèdent souvent les 4 jours obligatoires de congé de paternité. Une CCN peut allonger le congé de naissance — consultez votre accord de branche.
Peut-on fractionner le congé paternité ?
Les 4 premiers jours de paternité après le congé de naissance ne se fractionnent pas et sont assortis d’une interdiction d’emploi. La tranche de 21 jours (28 si naissances multiples) peut ensuite être prise en une fois ou fractionnée en deux périodes maximum, chacune d’au moins 5 jours, dans les 6 mois suivant la naissance (sauf report légal). Planifiez chaque tranche dans le planning et en paie.
Quel délai pour demander le congé paternité à l’employeur ?
Le salarié doit vous informer le plus tôt possible et au moins un mois avant le début du congé (date prévisionnelle d’accouchement + dates envisagées). Vous ne pouvez pas vous y opposer si ce délai est respecté. En cas de naissance avant la date prévue, il doit vous prévenir sans délai.
Comment établir l’attestation de salaire pour le congé paternité ?
Dès le début du congé de paternité, établissez une attestation de salaire — de préférence via le signalement DSN arrêt de travail dans les 5 jours — ou sur net-entreprises.fr si besoin. Vérifiez identité, dates de chaque période, motif et date de dernier jour travaillé (DJT). En cas de fractionnement, une attestation par période est en général nécessaire.
Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance en 2026 ?
À partir du 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance facultatif (jusqu’à deux mois par parent) peut s’ajouter aux congés existants pour les naissances/adoptions concernées. Le salarié doit vous informer par LRAR ou récépissé, avec un mois de prévenance (15 jours s’il enchaîne après la paternité). Consultez Service Public pour les dates transitoires.
Peut-on licencier un salarié en congé paternité ?
En principe, non pendant le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif non lié à la naissance. Toute procédure engageante doit être validée avec un professionnel du droit social — ce glossaire ne remplace pas un conseil au cas par cas.
Le congé paternité se cumule-t-il avec les congés payés ?
Le congé de paternité est un droit distinct des congés payés et des RTT : il ne remplace pas le solde CP. Le salarié peut poser des CP ou RTT sur d’autres dates selon vos règles habituelles. Ne décomptez pas des jours de CP à la place des jours de paternité déclarés en paie — cela fausse l’attestation et l’indemnisation.
Un salarié en CDD a-t-il droit au congé paternité ?
Oui, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est ouvert quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, etc.), sous réserve des règles de fin de contrat. Anticipez le croisement entre fin de CDD et dates de congé avec la paie.
Quelle différence entre congé paternité et arrêt maladie ?
L’arrêt maladie repose sur une incapacité médicale (volet employeur, IJSS maladie). Le congé paternité suit un événement de naissance/adoption sans certificat d’arrêt de travail pour incapacité. Les codes absence, attestations et délais ne sont pas les mêmes.
Le congé paternité impacte-t-il le planning d’équipe ?
Oui, surtout si le congé est fractionné ou tombe sur des week-ends (jours calendaires). Dès validation RH, marquez les absences dans le planning et la gestion des absences, organisez les remplacements et tracez les heures pour la paie.
L’employeur peut-il refuser un congé paternité ?
Non si le salarié respecte la prévenance d’un mois et les règles de dates. Vous pouvez en revanche refuser un fractionnement irrégulier (par exemple trois tranches de trois jours) ou des dates hors délai légal. Demandez une confirmation écrite des périodes et conservez la trace — cela évite les litiges planning / paie.







