Glossaire
Temps partiel : définition, contrat et heures pour l’employeur

Le temps partiel — ou travail à temps partiel — structure une part importante des effectifs en restauration, en commerce et en santé : horaires fractionnés, renforts le week-end, profils étudiants ou parents. Pour vous, employeur ou responsable RH en France métropolitaine, maîtriser la définition, le contrat écrit, la durée minimale et les heures complémentaires limite les requalifications, les régularisations de paie et les conflits sur le planning.
Ce glossaire Ordio Insights synthétise le cadre du Code du travail — ce n’est pas un conseil juridique. Croisez la fiche travail-emploi.gouv.fr — travail à temps partiel, Service Public — travail à temps partiel et la section Légifrance (L3123) avec votre convention collective et votre gestionnaire de paie.
Qu’est-ce que le temps partiel ?
En bref : Un salarié est à temps partiel lorsque la durée de travail prévue au contrat est inférieure à la durée légale (souvent 35 heures par semaine) ou, si elle est plus basse, à la durée conventionnelle ou applicable dans l’établissement pour un temps plein.
On parle aussi de travail à temps partiel : même réalité, vocabulaire différent selon les fiches officielles ou les modèles de contrat. Ce n’est pas un simple « raccourci » d’horaire : c’est un statut avec contrat écrit, répartition d’horaires et règles d’heures complémentaires propres.
Exemple concret : dans une entreprise à 35 h, un contrat à 28 h par semaine est du temps partiel. Si votre branche fixe le temps plein à 32 h, seul un contrat en dessous de 32 h est du temps partiel — un salarié à 32 h y est à temps plein même s’il reste sous 35 h légales.
Le langage « mi-temps » circule en RH, mais il n’a pas de définition autonome au Code du travail : vérifiez toujours les heures contractuelles, pas l’étiquette sur le planning. En pratique, « mi-temps » désigne souvent 17,5 h (la moitié de 35 h) ou 24 h (seuil minimal fréquent) — deux situations juridiques différentes pour la durée minimale et le plafond d’heures complémentaires.
Pour le décompte avant paie, le guide calcul des heures de travail rappelle comment totaliser les heures réalisées ; ce glossaire fixe le cadre contractuel dans lequel ces heures doivent tenir.
Durée minimale, temps plein de référence et complément d’heures à 24 h
En bref : Sauf convention ou dérogation, la durée minimale est en principe de 24 h par semaine (ou 104 h par mois, ou l’équivalent sur la période d’annualisation). En dessous, seules des causes légales ou une demande écrite motivée du salarié le permettent.
La branche peut fixer un seuil minimal différent via accord étendu — parfois plus favorable au salarié. À défaut, l’article L.3123-27 du Code du travail pose le socle des 24 h.
Dérogations fréquentes côté PME
- Demande du salarié — contraintes personnelles ou cumul d’activités pour atteindre un temps plein global ;
- Étudiants de moins de 26 ans — durée compatible avec les études ;
- CDD ≤ 7 jours ou remplacement d’un absent (cas limités) ;
- Retraite progressive — cadre spécifique (conditions d’âge et formalisme à valider avec la paie).
Lorsqu’un contrat est conclu sous 24 h sur dérogation, un complément d’heures peut être prévu par avenant pour monter jusqu’au minimum — ce n’est pas la même logique que les heures complémentaires du quotidien. La fiche Service Public complément d’heures détaille ce volet.
Priorité vers le temps plein
Les salariés à temps partiel qui souhaitent un emploi au moins égal à la durée minimale (ou un temps complet) ont en principe une priorité sur les postes disponibles de leur catégorie. Documentez la communication des postes ouverts : en litige, la charge de la preuve pèse souvent sur l’employeur.
Contrat écrit : mentions obligatoires et horaire impératif
En bref : Le contrat de travail à temps partiel est obligatoirement écrit. Il précise qualification, rémunération, durée du travail, répartition des horaires, modalités de modification et limites d’heures complémentaires.
Sans écrit, le risque majeur est la requalification en temps plein — avec rattrapage salarial. L’article L.3123-6 impose le contrat écrit pour tout travail à temps partiel. En onboarding, ne vous contentez pas d’un oral « tu feras 24 h » : faites signer un contrat ou un avenant avant la première vacation planifiée.
Checklist des mentions utiles
- Qualification et lieu de travail habituel ;
- Rémunération (horaire ou mensuelle proratisée) ;
- Durée hebdomadaire ou mensuelle (ou référence annuelle si annualisation) ;
- Répartition — jours et plages, pas seulement un total flottant ;
- Modification des horaires — délai de prévenance (souvent 7 jours en droit supplétif, CCN possible) ;
- Plafond d’heures complémentaires — 1/10 ou 1/3 selon accord ;
- CDI ou CDD — le temps partiel est compatible avec les deux.
L’horaire impératif signifie que le salarié doit en principe être disponible aux créneaux fixés : ce n’est pas un simple volume hebdomadaire à placer n’importe quand. Sur le terrain, un planning qui ne reprend que « 24 h » sans jours précis fragilise votre défense en contrôle.
Le passage de temps plein à temps partiel (ou l’inverse) est une modification du contrat : elle exige l’accord du salarié, sauf cas légaux très encadrés. Le refus d’un salarié de passer à temps partiel n’est ni une faute ni un motif de licenciement.
Contrat de travail à temps partiel : CDI, CDD et mentions type
Que vous recrutiez en CDI temps partiel ou en CDD temps partiel, le document reprend les mêmes blocs : identification, qualification, rémunération, durée du travail, répartition, limites d’heures complémentaires, durée du contrat (CDD) ou clause de CDI. Le modèle Service Public « contrat de travail à temps partiel » sert de base — adaptez-le à votre CCN avant signature.
En entretien, distinguez clairement le contrat temps partiel (statut durable) d’un simple aménagement provisoire : un vendeur à 24 h sur trois jours nommés n’est pas « à 24 h quand ça va ». Les inspecteurs et les prud’hommes comparent le planning affiché, les badges et le bulletin sur plusieurs mois — pas seulement la première page du contrat.
Pour les profils étudiants ou parents, vérifiez que la répartition laisse des plages compatibles avec les contraintes déclarées : un contrat à 24 h étalées sur six matinées alors que le salarié ne peut être présent que trois jours crée un écart exploitable en contentieux. Le glossaire Code du travail numérique — temps partiel reprend les définitions officielles ; croisez-le avec votre paie avant diffusion interne.
Heures complémentaires : plafond, majorations et distinction avec les heures supplémentaires
En bref : Les heures complémentaires sont accomplies par un temps partiel au-delà de son contrat, sans atteindre le cadre du temps plein. Elles ne sont pas des heures supplémentaires — réservées au dépassement de la durée légale ou conventionnelle du temps plein.
C’est le point le plus confus en équipe en shifts : un vendeur à 28 h qui termine à 32 h cumule probablement 4 h complémentaires, pas 4 h « sup » au sens des heures supplémentaires (L.3121-1 et s.).
| Situation | Libellé paie / planning | Régime |
|---|---|---|
| 28 h contractuelles, 30 h réalisées | 2 h complémentaires | Majorations HC (10 % / 25 %) |
| 35 h temps plein, 38 h réalisées | 3 h supplémentaires | Majorations HS + contingent |
| 28 h contractuelles, 36 h réalisées | HC puis risque de requalification | Alerte RH — dépassement durable |
Plafond et exemple chiffré
Plafond légal : 1/10 de la durée prévue au contrat (semaine ou mois). Accord possible jusqu’à 1/3.
Exemple : contrat à 28 h par semaine → maximum 2,8 h complémentaires au titre du 1/10. Avec un accord à 1/3, le plafond monte à environ 9,3 h — rare en commerce sans accord explicite ; ne dépassez jamais le contrat sans trace écrite.
Majorations (rappel employeur)
- 10 % pour les HC dans la limite du 1/10 ;
- 25 % pour les HC au-delà du 1/10 et dans la limite du 1/3 (si ouvert par accord).
Paramétrez des codes distincts des HS. Les articles L.3123-28 et L.3123-29 encadrent le plafond et les majorations des heures complémentaires. Le glossaire repos compensateur concerne le régime des heures supplémentaires temps plein — ne le mélangez pas avec les HC.
Prévenance et refus
Lorsque vous respectez le délai de prévenance (souvent 3 jours en droit commun) et les limites contractuelles, le salarié ne peut en principe pas refuser les HC. Hors cadre, le refus est légitime. En rush, notez la demande par écrit (mail ou outil) plutôt qu’un appel de dernière minute non tracé.
Temps partiel aménagé et annualisation (aperçu)
Le temps partiel aménagé et l’annualisation permettent de lisser la durée sur plusieurs semaines ou mois lorsque l’activité est irrégulière — saison touristique, pics de fin d’année en commerce, remplacements en santé. La durée moyenne sur la période doit rester celle du contrat ; seules les semaines hautes et basses varient.
Un accord d’entreprise ou de branche fixe en principe la période de référence, les délais de prévenance avant une semaine « haute », et parfois un lissage de rémunération (salaire mensuel stable malgré des heures fluctuantes). Sans accord publié et applicable, vous ne pouvez pas improviser une annualisation au seul motif de flexibilité commerciale.
Exemple employeur : une serveuse à 24 h de moyenne sur l’année peut travailler 32 h en août et 16 h en janvier si l’accord le prévoit — à condition que le contrat et le bulletin reflètent la règle de lissage, et que le planning affiché montre la semaine réelle, pas seulement la moyenne.
Pour une PME sans accord formalisé, restez sur une répartition hebdomadaire ou mensuelle claire dans le contrat. Le guide planning de travail détaille l’affichage et les modifications d’horaires ; adaptez-le aux plages contractuelles du temps partiel.
Avec ou sans accord d’annualisation
Sans accord : interdiction de faire varier les heures « au feeling » d’une semaine sur l’autre — chaque changement durable passe par avenant ou clause contractuelle de modification. Avec accord : lisez la période de référence, le délai de prévenance des semaines hautes et la règle de lissage avant de paramétrer la paie ; un écart entre accord, planning et bulletin est le scénario le plus fréquent en contrôle.
Rémunération, SMIC prorata et bulletin de paie
En bref : Le salaire est en principe calculé au prorata du temps de travail, avec un taux horaire comparable à un poste équivalent à temps plein. Les HC et majorations s’ajoutent sur des lignes dédiées.
Le SMIC horaire s’applique au prorata : un temps partiel ne justifie pas un taux horaire inférieur au minimum pour un poste comparable. Pour lire brut, cotisations et net sur le bulletin, voir les glossaires salaire brut et net et bulletin de paie.
Sur le bulletin, vérifiez chaque mois : base contractuelle, HC majorées, cohérence avec l’export planning. Un écart récurrent « 2 h non payées » sur plusieurs temps partiels signale souvent un mauvais libellé planning (HC comptées comme heures normales).
Exemple de prorata et taux horaire
Un poste équivalent temps plein est payé 2 100 € brut pour 35 h — soit environ 12 €/h. Un contrat à 28 h doit viser le même taux horaire : base mensuelle d’environ 1 680 € brut (28 × 12 €), hors HC et primes. Si vous payez un forfait mensuel « rond » sans calculer le taux, vous exposez un écart de SMIC ou d’égalité de traitement.
Les primes collectives (objectifs, fin d’année) se répartissent en principe au prorata du temps de travail ou selon la CCN — un temps partiel à 80 % du temps plein n’est pas automatiquement exclu, sauf clause contraire illégale. Les tickets restaurant et indemnités repas suivent en général les jours effectivement travaillés, pas un forfait temps plein.
Télétravail et temps partiel
Un salarié peut cumuler télétravail et temps partiel : le contrat doit alors préciser à la fois la durée hebdomadaire et les jours ou plages à distance. Le décompte des heures reste contractuel — une journée « flexible » à domicile n’autorise pas de dépasser le plafond d’HC sans cadre. Croisez avec le guide calcul des heures de travail pour les pauses et le suivi du temps avant paie.
Passage à temps plein, avenant et fin de contrat
Le passage à temps plein est une modification contractuelle : avenant signé, mise à jour paie et planning le même mois. À l’inverse, proposer un temps partiel à un salarié en CDI temps plein exige son accord — sauf dispositifs légaux ou accords collectifs très encadrés.
Au départ, les droits acquis (CP, primes) se calculent sur la période réelle ; anticipez avec la paie. Le contentieux détaillé (refus d’employeur, priorité d’embauche) dépasse ce glossaire — orientez vers un conseil en droit social si un litige est ouvert.
CDI, CDD et intérim
Rappel : le CDI à temps partiel, le CDD et l’intérim à durée réduite exigent le même contrat écrit (durée, répartition, plafond HC) — voir la checklist des mentions plus haut. En recrutement, alignez la promesse orale (« trois jours par semaine ») avec les jours nommés dans le contrat, pas seulement un volume hebdomadaire que le manager interprète différemment selon les semaines.
Modifier les horaires et délai de prévenance
Changer la répartition des jours (passer du mardi au jeudi) ou les plages horaires est une modification du contrat ou une application des clauses de variation prévues au contrat et à la CCN. Le délai de prévenance avant un changement d’horaire est souvent de 7 jours en droit supplétif ; votre convention peut imposer plus. Communiquez par écrit : un message vocal la veille ne suffit pas en cas de contrôle.
Si vous utilisez un temps partiel aménagé, l’accord fixe en principe les conditions de variation et le lissage de salaire — ne transposez pas les règles de la semaine type sans lire l’accord.
Égalité de traitement et avantages au prorata
En bref : Un salarié à temps partiel bénéficie en principe des mêmes droits qu’un temps plein (formation, ancienneté, participation aux instances, avantages collectifs), calculés au prorata de son temps de travail sauf dispositions plus favorables.
En pratique RH, cela impacte les tickets restaurant (jours travaillés), les primes collectives (clé de répartition), l’accès aux formations obligatoires (planifier sur leurs jours de présence) et la visibilité dans l’organigramme. L’article L.3123-5 consacre l’égalité de traitement : un temps partiel exclu systématiquement des réunions d’équipe les jours où il n’est pas planifié peut contester une inégalité — même si le contrat ne l’y oblige pas juridiquement à chaque réunion.
Les congés payés s’acquièrent comme pour un temps plein (2,5 j. ouvrables par mois travaillé) ; l’indemnisation reprend sa rémunération réelle. Pour le calendrier et l’ordre des départs, le glossaire congés payés complète ce volet — ne décomptez pas des RTT à la place des CP sur le planning.
Temps partiel et arrêt maladie
Un salarié à temps partiel en arrêt maladie conserve en principe son statut : l’indemnisation journalière et le maintien de salaire se calculent sur sa rémunération réelle, pas sur un fictif temps plein. Sur le planning, bloquez les créneaux contractuels pendant l’arrêt et évitez de « rattraper » des heures sur d’autres jours sans cadre médical — le glossaire arrêt maladie détaille les obligations employeur. Au retour, une visite de reprise ou un aménagement peut être nécessaire si le médecin limite la durée quotidienne : traitez-le comme une modification d’horaire, pas comme une baisse unilatérale du contrat.
En multi-établissements, un temps partiel qui cumule deux contrats chez des employeurs distincts reste soumis au minimum de 24 h par contrat, pas globalement — ne confondez pas avec le cumul d’emplois du salarié qui choisit plusieurs mi-temps pour composer un temps plein personnel.
Checklist RH — embaucher ou convertir en temps partiel
Avant la première ligne de planning ou la première fiche de paie, parcourez cette liste — elle reprend les points de contrôle les plus coûteux en régularisation (requalification, rappels de salaire, contentieux sur l’horaire impératif).
- Vérifier la CCN — durée minimale, plafond HC, délais de prévenance.
- Rédiger le contrat — durée, répartition, limites HC, rémunération.
- Paramétrer la paie — codes HC, base proratisée, SMIC horaire.
- Publier le planning — plages contractuelles visibles pour managers et salarié.
- Former les encadrants — HC ≠ HS ; pas de dépassement récurrent sans avenant.
- Contrôler mensuellement — export contractuel vs réalisé avant validation paie.
- Documenter les demandes — passage TP, HC, refus ou acceptation.
Lors d’une conversion depuis un temps plein, fixez la date d’effet : paie, badges, droits informatiques et affichage planning doivent basculer le même jour pour éviter une semaine « entre deux statuts ».
Après la signature : premières semaines
Les trois premières paies sont le meilleur test : comparez contrat, planning affiché et bulletin. Si le manager planifie déjà au-delà du plafond d’HC « par habitude », corrigez avant que l’Urssaf ne voie un pattern. Archivez la demande écrite en cas de dérogation sous 24 h (étudiant, cumul d’emplois) — sans pièce, la dérogation est difficile à prouver.
Prévoyez un rappel formation encadrants : un temps partiel refusé sur un samedi parce qu’« il n’est pas dans l’équipe du samedi » alors que le contrat le prévoit est un litige classique.
Temps partiel et planning : tenir le contrat dans le shift
En bref : Affichez des plages nommées par personne, comparez le réalisé au contrat avant paie, et séparez HC, absences, CP et RTT sur des libellés distincts.
En équipe mixte (temps plein + partiels), la grille hebdomadaire doit montrer :
- les jours où le temps partiel doit être présent ;
- le cumul d’heures vs contrat ;
- les HC validées avec date de demande.
Avant clôture paie, un export « contractuel vs réalisé » évite de découvrir des heures complémentaires non budgétées. Le guide planning de travail traite déjà l’affichage et les changements d’horaires ; ce glossaire en fixe le cadre juridique — reliez les deux dans vos processus RH.
Export contractuel vs réalisé (routine mensuelle)
- Extraire du planning les heures par salarié à temps partiel sur la période de paie ;
- Comparer au total contractuel (semaine × nombre de semaines ou base mensuelle) ;
- Isoler les HC validées (date de demande, encadrant) des simples retards ou prolongations non tracés ;
- Transmettre à la paie uniquement les lignes validées — jamais un cumul brut sans libellé.
En restauration ou en commerce, refaites ce contrôle après les semaines de soldes ou de ponts : les renforts ponctuels se transforment vite en HC oubliées sur le bulletin.
Quand plusieurs temps partiels se chevauchent sur les mêmes plages (deux vendeurs le samedi matin), verrouillez les créneaux dans l’outil avant d’envoyer les HC : un double booking crée des heures « fantômes » que la paie ne peut pas deviner.
Erreurs fréquentes côté employeur
Les contrôles Urssaf et les prud’hommes reviennent souvent sur les mêmes écarts : contrat incomplet, confusion HC/HS, planning qui ne correspond pas au réalisé. Le tableau ci-dessous résume les risques et les réflexes de prévention — utile en briefing encadrants si vous avez beaucoup de temps partiels en shift.
| Erreur | Conséquence | Prévention |
|---|---|---|
| Contrat oral ou total d’heures seul | Requalification temps plein | Contrat écrit + répartition |
| Libeller des HC en « heures sup » | Paie et contentieux HS | Codes et formation managers |
| Dépassement récurrent du plafond HC | Requalification / rappels | Alertes planning + refus ou avenant |
| Planning flottant sans jours fixes | Litige horaire impératif | Créneaux contractuels affichés |
| SMIC ou taux horaire incorrect | Régularisation Urssaf | Parité taux avec temps plein équivalent |
| CP ou RTT sur mauvais compteur | Soldes faux | Libellés absence distincts |
| Passage TP imposé sans accord | Nullité / dommages | Avenant ou refus documenté |
| Télétravail sans heures ni jours fixés | Décompte et HC flous | Contrat + pointage alignés |
En résumé
Quelles obligations pour un employeur face au temps partiel ? Contrat écrit, respect de la durée minimale, bonne qualification des heures complémentaires et cohérence planning–paie. La synthèse ci-dessous reprend les points à valider en entretien, à la signature et avant chaque clôture de paie lorsque vous mélangez temps plein et temps partiel.
Elle ne remplace pas votre convention collective ni un avis juridique sur un litige ouvert. Retenez surtout la triade contrat écrit + planning nommé + bulletin cohérent : dès qu’un maillon manque, les heures complémentaires et les requalifications deviennent coûteuses.
- Définition : durée contractuelle inférieure au temps plein de référence (légal ou conventionnel).
- Contrat : écrit obligatoire — durée, répartition, limites HC.
- Minimum : souvent 24 h/semaine sauf dérogation ou CCN.
- HC : plafond 1/10 (jusqu’à 1/3 par accord), majorations 10 % / 25 % — ≠ HS.
- Paie : prorata et taux horaire équitable ; bulletin cohérent avec le planning.
- Planning : horaire impératif + export avant paie.
- Modification : passage TP ↔ temps plein = accord du salarié.
- Égalité : mêmes droits qu’au temps plein, avantages au prorata (L.3123-5).
- Congés : acquisition comme au temps plein ; CP ≠ RTT sur le planning.
Où Ordio vous aide
Ordio n’est pas un logiciel de paie certifié. Il aide les équipes à planifier, à suivre le temps et à centraliser les absences : des plages contractuelles visibles et un décompte fiable limitent les mauvaises surprises sur les heures complémentaires avant le bulletin.
Vous voulez voir comment relier planning, pointage et indisponibilités sur un même écran ? .
Explorez aussi la planification d’équipe et la gestion des absences pour garder une vue partagée quand les effectifs mixent temps plein et temps partiel.
Avertissement : Ordio Insights ne fournit pas de conseil juridique ou social. Pour toute décision engageante : Code du travail, convention collective, inspection du travail, expert-comptable ou avocat social.
Questions fréquentes sur Temps partiel
Quelle est la durée minimale de travail en temps partiel ?
En l’absence de règle conventionnelle, la durée minimale est en principe de 24 heures par semaine (ou 104 heures par mois, ou l’équivalent sur la période d’annualisation). Des dérogations existent (demande écrite du salarié, étudiants de moins de 26 ans, CDD courts, etc.). Vérifiez votre IDCC et la fiche Service Public — travail à temps partiel.
Quelle est la différence entre mi-temps et temps partiel ?
« Mi-temps » est surtout un langage courant (souvent la moitié d’un temps plein, par exemple 17,5 h sur 35 h). Juridiquement, on parle de travail à temps partiel dès que la durée contractuelle est inférieure au temps plein de référence (souvent 35 h, parfois moins si la branche fixe une durée inférieure). Le contrat écrit et l’horaire impératif priment sur l’étiquette affichée sur le planning.
Heures complémentaires ou heures supplémentaires en temps partiel : quelle différence ?
Au-delà de l’horaire du contrat (sans atteindre le cadre du temps plein), ce sont des heures complémentaires, pas des heures supplémentaires. Les heures supplémentaires concernent le dépassement de la durée légale ou conventionnelle du temps plein. Le glossaire heures supplémentaires détaille le régime du temps plein ; le glossaire repos compensateur couvre RCR et COR — ne les appliquez pas tel quel au temps partiel.
Quel est le plafond des heures complémentaires en temps partiel ?
Le plafond légal est en principe de 1/10 de la durée hebdomadaire ou mensuelle prévue au contrat. Une convention ou un accord d’entreprise peut le porter jusqu’à 1/3. Exemple : 28 h contractuelles → 2,8 h complémentaires maximum au titre du 1/10. Ces heures ne doivent pas faire basculer le salarié au régime du temps plein.
Quelles majorations s’appliquent aux heures complémentaires ?
En droit commun : 10 % pour les heures complémentaires dans la limite du 1/10, puis 25 % entre le 1/10 et le 1/3 (si un accord ouvre ce second palier). Votre convention peut prévoir des taux plus favorables. Paramétrez des codes paie distincts de ceux des heures supplémentaires.
Peut-on embaucher en CDI à temps partiel ?
Oui. Le CDI à temps partiel est courant en commerce et en restauration. Le contrat de travail à temps partiel doit être écrit et reprendre qualification, rémunération, durée du travail, répartition des horaires et limites d’heures complémentaires. Sans écrit, le risque est une requalification en temps plein.
Un salarié à temps partiel peut-il refuser des heures complémentaires ?
Si vous respectez le délai de prévenance (souvent 3 jours) et les limites contractuelles, le salarié ne peut en principe pas refuser les heures complémentaires. En dehors de ces conditions, le refus est légitime. Tracez la demande et la réponse par écrit — surtout en équipes en shifts.
Qu’est-ce qu’un complément d’heures à 24 h en temps partiel ?
Lorsqu’un contrat est conclu en dessous de 24 h sur dérogation (demande du salarié, etc.), un complément d’heures peut être prévu par avenant pour porter le salarié jusqu’au seuil minimal — sans transformer le contrat en temps plein. Ce mécanisme est distinct des heures complémentaires habituelles. Voir Service Public — complément d’heures.
Un salarié à temps partiel a-t-il droit aux congés payés et aux RTT ?
En principe, oui pour les congés payés : acquisition comme au temps plein (2,5 j. ouvrables par mois travaillé), indemnisation sur la rémunération réelle. Les RTT relèvent d’un autre compteur (aménagement du temps). Le glossaire congés payés détaille les règles côté employeur — ne mélangez pas CP et RTT sur le planning.
Temps partiel et arrêt maladie : que change-t-il pour l’employeur ?
L’arrêt maladie suspend le contrat : vous ne planifiez pas le salarié sur ses créneaux habituels et la paie applique les règles d’indemnisation sur sa rémunération réelle. Au retour, vérifiez que l’horaire à temps partiel prévu au contrat est toujours affiché — pas un temps plein « par habitude » sur le planning.









